RETABLE BAROQUE DE L'ÉGLISE SAINT-ÉTIENNE
20 minutes
Bien que la présence des Pères Dominicains à Salamanque remonte au début du XIIe siècle, l'ensemble architectural actuel du Couvent de San Esteban a été construit entre le XVe et le XVIIe siècle, bien que le style plateresque soit celui qui définit le mieux son identité. Sa façade impressionnante est considérée comme l'une des œuvres maîtresses de l'art plateresque. Elle est organisée comme un gigantesque retable, au centre duquel est représenté le martyre de Saint Étienne. À l'intérieur, se distinguent l'église, le Cloître des Rois, l'Escalier de Soto et le chœur, orné de l'imposante fresque de Palomino. L'église, à nef unique, avec un plan en croix latine, est présidée par un majestueux retable, œuvre réalisée par José de Churriguera à la fin du XVIIe siècle.
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Prix visite libre
- Individual - 3.50 €
- Grupos (Número mínimo: 20) - 3.00 €
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- Estudiantes - 3.00 €
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Les Dominicains s'installèrent à Salamanque vers l'an 1224. Leur premier couvent se trouvait hors les murs de la ville, dans l'église de San Juan el Blanco, située dans la plaine du fleuve Tormes. Les fréquentes crues détruisirent ce couvent. Ils reçurent alors le don d'un petit temple roman dédié à San Esteban. Sur le terrain occupé par l'église paroissiale de San Esteban, ils érigèrent à partir de 1256 le couvent gothique primitif, qui fut ensuite démoli pour construire l'actuel, commencé en 1524.
Le Couvent de San Esteban fut, dès son origine, un important centre d'étude et d'enseignement de la Théologie. Ce fut un foyer culturel de premier ordre avec des figures de la stature de Domingo de Soto ou Francisco de Vitoria, initiateur de l'École de Salamanque, père du Droit International et défenseur des droits des indigènes d'Amérique.
Christophe Colomb se rendit à ce couvent entre 1486 et 1487 en quête de soutien pour ses voyages. Il y fut accueilli par le prieur, frère Diego de Deza, confesseur de la reine Isabelle, qui deviendra son grand bienfaiteur.
En ce lieu, Sainte Thérèse de Jésus reçut une orientation spirituelle, et l'on raconte qu'elle avait l'habitude de se confesser dans l'un des confessionnaux du cloître. Saint Ignace de Loyola passa cinq jours en compagnie des frères du couvent qui examinèrent sa doctrine. À sa sortie du couvent, il fut conduit à la prison de l'évêché. La restriction de prêcher sans avoir achevé ses études de théologie le poussa à quitter la ville et à se rendre à Paris pour poursuivre sa formation.
Pendant la Guerre d'Indépendance, le couvent fut occupé par les Français, qui pillèrent tous ses objets de valeur et utilisèrent le cloître comme écuries. Le Décret de Déesclaustration de 1835 força les frères à abandonner le couvent. Certains des bâtiments de l'ensemble monacal furent utilisés comme caserne et infirmerie. Le mobilier et la bibliothèque du couvent furent spoliés. En revanche, l'église resta ouverte car elle fut convertie pendant un temps en paroisse de San Pablo. En 1861, le Musée provincial fut installé dans le Cloître des Processions, ce qui favorisa sa réforme. Depuis 1892, il refonctionne comme couvent de l'Ordre des Prêcheurs. Actuellement, il existe une communauté de frères dédiés à l'étude, à la prédication et à l'enseignement de la Théologie. Il dispose d'une Faculté de Théologie et d'une maison d'édition centrée sur les thèmes dominicains et l'humanisme chrétien.
Le promoteur de l'actuelle église de San Esteban fut le Cardinal Juan Álvarez de Toledo, fils du IIe Duc d'Albe et oncle du IIIe Duc d'Albe, qui fut frère de ce couvent. L'église fut conçue par l'architecte Juan de Álava. Ses travaux commencèrent en 1524 sous la direction dudit architecte pour être, par la suite, poursuivis par Rodrigo Gil de Hontañón et Juan Ribero, et furent consacrés en 1610. C'est une église à nef unique avec un plan en croix latine. Le presbytère, plus élevé que le reste de l'église, est présidé par le grandiose retable réalisé à la fin du XVIIe siècle (1692-93) par José de Churriguera, considéré comme l'un des retables les plus importants du baroque espagnol.
Le contrat avec Churriguera incluait l'architecture du retable et les sculptures, mais pas la dorure ni la polychromie des images, qui furent contractées en 1739, spécifiant que les maîtres doreurs devaient utiliser de la feuille d'or de la plus grande pureté. Ce retable devint finalement le prototype du retable espagnol entre le milieu du XVIIe et le dernier tiers du XVIIIe siècle. Il devint, non seulement l'œuvre la plus importante de José de Churriguera, mais aussi une œuvre maîtresse de l'art du retable espagnol, devenant un modèle qui sera répété à travers l'ensemble du territoire espagnol et hispano-américain.
Le Couvent de San Esteban fut, dès son origine, un important centre d'étude et d'enseignement de la Théologie. Ce fut un foyer culturel de premier ordre avec des figures de la stature de Domingo de Soto ou Francisco de Vitoria, initiateur de l'École de Salamanque, père du Droit International et défenseur des droits des indigènes d'Amérique.
Christophe Colomb se rendit à ce couvent entre 1486 et 1487 en quête de soutien pour ses voyages. Il y fut accueilli par le prieur, frère Diego de Deza, confesseur de la reine Isabelle, qui deviendra son grand bienfaiteur.
En ce lieu, Sainte Thérèse de Jésus reçut une orientation spirituelle, et l'on raconte qu'elle avait l'habitude de se confesser dans l'un des confessionnaux du cloître. Saint Ignace de Loyola passa cinq jours en compagnie des frères du couvent qui examinèrent sa doctrine. À sa sortie du couvent, il fut conduit à la prison de l'évêché. La restriction de prêcher sans avoir achevé ses études de théologie le poussa à quitter la ville et à se rendre à Paris pour poursuivre sa formation.
Pendant la Guerre d'Indépendance, le couvent fut occupé par les Français, qui pillèrent tous ses objets de valeur et utilisèrent le cloître comme écuries. Le Décret de Déesclaustration de 1835 força les frères à abandonner le couvent. Certains des bâtiments de l'ensemble monacal furent utilisés comme caserne et infirmerie. Le mobilier et la bibliothèque du couvent furent spoliés. En revanche, l'église resta ouverte car elle fut convertie pendant un temps en paroisse de San Pablo. En 1861, le Musée provincial fut installé dans le Cloître des Processions, ce qui favorisa sa réforme. Depuis 1892, il refonctionne comme couvent de l'Ordre des Prêcheurs. Actuellement, il existe une communauté de frères dédiés à l'étude, à la prédication et à l'enseignement de la Théologie. Il dispose d'une Faculté de Théologie et d'une maison d'édition centrée sur les thèmes dominicains et l'humanisme chrétien.
Le promoteur de l'actuelle église de San Esteban fut le Cardinal Juan Álvarez de Toledo, fils du IIe Duc d'Albe et oncle du IIIe Duc d'Albe, qui fut frère de ce couvent. L'église fut conçue par l'architecte Juan de Álava. Ses travaux commencèrent en 1524 sous la direction dudit architecte pour être, par la suite, poursuivis par Rodrigo Gil de Hontañón et Juan Ribero, et furent consacrés en 1610. C'est une église à nef unique avec un plan en croix latine. Le presbytère, plus élevé que le reste de l'église, est présidé par le grandiose retable réalisé à la fin du XVIIe siècle (1692-93) par José de Churriguera, considéré comme l'un des retables les plus importants du baroque espagnol.
Le contrat avec Churriguera incluait l'architecture du retable et les sculptures, mais pas la dorure ni la polychromie des images, qui furent contractées en 1739, spécifiant que les maîtres doreurs devaient utiliser de la feuille d'or de la plus grande pureté. Ce retable devint finalement le prototype du retable espagnol entre le milieu du XVIIe et le dernier tiers du XVIIIe siècle. Il devint, non seulement l'œuvre la plus importante de José de Churriguera, mais aussi une œuvre maîtresse de l'art du retable espagnol, devenant un modèle qui sera répété à travers l'ensemble du territoire espagnol et hispano-américain.
Le retable majeur de l'Église Saint-Étienne fut construit par José Benito de Churriguera entre 1692 et 1694. Le contrat spécifie que le matériau employé devait être du pin de Soria ou de Balsaín en plus des cent poutres offertes au couvent par le Duc d'Alba. Il répond au modèle de retable-niche qui s'adapte au profil polygonal de la chapelle principale. C'est le plus grand retable conservé à Salamanque, mesurant environ 26 mètres de hauteur sur 14 mètres de largeur. Il se compose d'un soubassement, d'une prédelle, d'un corps central à trois registres et d'un attique semi-circulaire.
Il s'élève sur un haut soubassement dans lequel s'ouvrent deux portes latérales donnant accès à l'ancienne crypte. Le corps central est articulé par six grandes colonnes salomoniques d'ordre colossal, décorées de pampres et de feuilles de vigne, symboles de l'eucharistie. Dans les registres latéraux, entre les colonnes, s'ouvrent deux niches avec les sculptures de Saint Dominique de Guzmán, du côté de l'Épître, et de Saint François d'Assise, du côté de l'Évangile. Le centre du retable est présidé par le grand ostensoir du Saint-Sacrement, qui occupe tout le registre central, à la même hauteur que les colonnes. Le tabernacle-sacrement ressemble à un petit temple, avec des colonnes salomoniques qui soutiennent une grande coupole, sur laquelle s'élève une petite image de Saint Thomas d'Aquin. Une toile représentant l'Assomption de la Vierge, de près de trois mètres de hauteur, fermait le tabernacle, tissu qui pouvait être monté et descendu grâce à un système de poulies. Aujourd'hui, elle est exposée dans l'une des salles du couvent.
Au centre de l'attique figure le tableau de la Lapidation de Saint-Étienne, peint par Claudio Coello, qui représente la même scène que celle figurant sur la façade du temple. Sur les côtés, deux anges portent la palme et la couronne du martyre, en allusion au martyre subi par le saint, considéré comme le premier martyr du christianisme. Au-dessus du tableau se trouvent deux anges portant la couronne de laurier, symbole de la victoire sur la mort.
La décoration du retable est complétée par de multiples figures d'angelots et, surtout, par une exubérante sculpture de guirlandes de fruits et d'éléments végétaux. Pampres et grosses grappes de raisin s'entrelacent autour des colonnes pour monter jusqu'au chapiteau. Fleurs, feuilles et fruits forment des guirlandes qui recouvrent les moulures et les arcs des niches. Les tentures, avec leurs plis, ondulations et houppes, servent également de motif décoratif. Des anges de différentes tailles survolent le retable et reposent en équilibre instable sur les corniches, générant une impression de mouvement dans l'ensemble. Ces images constituent une touche de couleur sur le fond doré. La dorure fut d'une telle qualité qu'elle est encore aujourd'hui en parfait état de conservation. La pose solennelle du Saint-Sacrement eut lieu en 1740 avec une messe solennelle et le tir de feux d'artifice.
Il s'élève sur un haut soubassement dans lequel s'ouvrent deux portes latérales donnant accès à l'ancienne crypte. Le corps central est articulé par six grandes colonnes salomoniques d'ordre colossal, décorées de pampres et de feuilles de vigne, symboles de l'eucharistie. Dans les registres latéraux, entre les colonnes, s'ouvrent deux niches avec les sculptures de Saint Dominique de Guzmán, du côté de l'Épître, et de Saint François d'Assise, du côté de l'Évangile. Le centre du retable est présidé par le grand ostensoir du Saint-Sacrement, qui occupe tout le registre central, à la même hauteur que les colonnes. Le tabernacle-sacrement ressemble à un petit temple, avec des colonnes salomoniques qui soutiennent une grande coupole, sur laquelle s'élève une petite image de Saint Thomas d'Aquin. Une toile représentant l'Assomption de la Vierge, de près de trois mètres de hauteur, fermait le tabernacle, tissu qui pouvait être monté et descendu grâce à un système de poulies. Aujourd'hui, elle est exposée dans l'une des salles du couvent.
Au centre de l'attique figure le tableau de la Lapidation de Saint-Étienne, peint par Claudio Coello, qui représente la même scène que celle figurant sur la façade du temple. Sur les côtés, deux anges portent la palme et la couronne du martyre, en allusion au martyre subi par le saint, considéré comme le premier martyr du christianisme. Au-dessus du tableau se trouvent deux anges portant la couronne de laurier, symbole de la victoire sur la mort.
La décoration du retable est complétée par de multiples figures d'angelots et, surtout, par une exubérante sculpture de guirlandes de fruits et d'éléments végétaux. Pampres et grosses grappes de raisin s'entrelacent autour des colonnes pour monter jusqu'au chapiteau. Fleurs, feuilles et fruits forment des guirlandes qui recouvrent les moulures et les arcs des niches. Les tentures, avec leurs plis, ondulations et houppes, servent également de motif décoratif. Des anges de différentes tailles survolent le retable et reposent en équilibre instable sur les corniches, générant une impression de mouvement dans l'ensemble. Ces images constituent une touche de couleur sur le fond doré. La dorure fut d'une telle qualité qu'elle est encore aujourd'hui en parfait état de conservation. La pose solennelle du Saint-Sacrement eut lieu en 1740 avec une messe solennelle et le tir de feux d'artifice.